14 juin – San Diego : une soirée perdue au théâtre

San Diego

J’étais seule, l’autre soir, au théâtre de San Diego. Ou presque seule ; l’auteur n’avait pas grand succès. Ce n’était que Shakespeare.

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C’était très précisément Richard II, qu’on donnait au Old Globe Theater dans le cadre du festival Shakespeare qui a lieu tous les étés.

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Le Old Globe Theater et sa placette : un des lieux hors du temps qui font du Balboa Park qui surplombe San Diego un endroit magique.

 

 

 

 

Dans le rôle-titre, une tête d’affiche : Robert Sean Leonard (Le Cercle des poètes disparus, Docteur House…). Beau décor, douceur admirable de l’air, mais la salle n’est pas pleine. Peut-être parce que c’est encore la semaine des previews (où l’on donne plusieurs représentations en public pour procéder aux derniers ajustements avant la première officiellement ouverte aux critiques) ? Peut-être aussi parce que cette pièce ne fait pas partie des plus connues et que l’argumentaire de la metteuse en scène défendant sa pertinence au regard des enjeux politiques actuels n’est pas des plus convaincant.Résultat d’images pour shakespeare trump new york

 

Or la pièce de Shakespeare qui fait justement polémique dans les médias la même semaine, c’est une version de Jules César jouée sur la scène du Delacorte Theater de Central Park à New York. Voyez la photo : toute ressemblance entre le César qui sera sauvagement poignardé sur scène et un président américain ayant existé (pardon : existant) n’est pas du tout fortuite.

 

 

Breitbart News et la Fox ont poussé de hauts cris sans avoir vu la pièce (sinon ils auraient su que l’assassinat se produit non pas à la fin, mais au milieu de la pièce, et que Jules César est tout sauf une apologie de la violence politique). M. Trump a cru bon de se fâcher tout rouge. Delta Airlines et Bank of America ont cru bon de retirer leur financement à la troupe.

Bizarre que personne n’ait rien dit quand, en 2012, la même pièce avait été montée avec un Jules César-Obama.