7 avril – Tournage déjanté à la Warner

Los AngelesPetit bonheur d’un séjour à Los Angeles : il est possible et, d’expérience, très facile d’assister gratuitement au tournage d’une sitcom dans les studios de la Warner. Il suffit de réserver dans les semaines précédentes sur tvtickets.com.

 

 

 

Comme en revanche je ne pouvais pas emmener les enfants (il n’y a rien pour les moins de 10 ans et les rares tournages accessibles aux ados sont pris d’assaut dès que les réservations sont ouvertes), j’ai carrément choisi d’aller voir une série interdite aux moins de 18 ans (le tournage seulement, je vous rassure) : Disjointed, dont la première saison doit être diffusée sur Netflix à partir de juin. D’abord parce que l’actrice principale était Kathy Bates (que vous avez tous vue jouer Molly Brown dans Titanic) et ensuite parce que le sujet m’intéressait : l’action se passe dans un dispensaire de cannabis, sujet d’actualité avec la légalisation du cannabis à des fins récréatives votée en Californie en novembre dernier.

Tous les moyens de prendre des photos étaient interdits, alors j’ai trouvé une photo de dispensaire (un peu) dans le même esprit que le décor de la série (budtenders compris).

 

 

 

Première surprise : je pensais que nous serions priés d’être le plus silencieux et discrets possible, or au contraire nos rires et réactions diverses seront enregistrés pour la diffusion, il faut donc que nous soyons adéquatement bruyants.

On nous passe le pilote de la série pour nous mettre dans l’ambiance et c’est parti : entrée en scène des acteurs, des caméras (4), de toute l’équipe technique. En tout, une trentaine de personnes sur le plateau pour trois heures de tournage mené tambour battant.

Et c’est hilarant. Rien de franchement révolutionnaire dans l’humour, mais les acteurs, excellents, emportent le morceau avec des dialogues bien rythmés et parfois truffés de jeux de mots (bon courage aux traducteurs – même le titre Disjointed est un calembour puisqu’il signifie « décousu », « sans queue ni tête », et qu’on y entend le mot « joint »).

Résultat d’images pour studio friendsLà, ce sont les décors d’une autre sitcom, mais le dispositif était comparable.

 

 

 

 

 

Pour les spectateurs (200 ou 300, peut-être), toute la difficulté de l’exercice consiste à rire aux bonnes répliques de manière aussi spontanée et audible à la troisième ou à la quatrième prise qu’à la première (on tourne au moins deux fois chaque scène par sécurité). « C’est à chaque fois une première fois, vous n’avez jamais entendu ces dialogues », rappelle le chauffeur de salle. Certains autour de moi y arrivent parfaitement et j’ai parfois l’impression étrange d’être entourée de rires en boîte. Mais on se prend au jeu ; c’est plus facile aussi quand la réplique est vraiment bonne, que l’acteur nous surprend en variant ses effets ou qu’une trouvaille a été ajoutée entre deux prises.

Pour que l’ambiance ne retombe pas pendant les brefs temps d’attente ou les changements de décor, le chauffeur de salle organise divers mini-concours : concours du rire le plus communicatif, concours de danse (quand un volontaire se lance dans un petit strip-tease, la température monte d’un cran et sur le plateau le travail est arrêté parce que tout le monde regarde ce qui se passe dans la salle…!). Il finit par demander s’il y a des personnes venues de l’étranger et, euh, bon, je ne suis pas sûre que mon interprétation de La Vie en rose restera dans les annales, mais l’important est de participer.

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Bilan : excellente soirée, l’impression d’avoir été au théâtre, je recommencerais demain. Et le public est très bien traité (on a droit à des chocolats et à de la pizza – d’accord, le temps qu’elle arrive jusqu’à nous, la pauvre part de margherita est toute froide, mais on la mange parce qu’on est content d’être content). Loin d’être des gêneurs à qui on ferait une faveur, on a la sensation de faire partie de la grande machine à produire du rêve et du spectacle pendant quelques heures et c’est bien agréable !