30 juillet – Les palais de Newport

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Les mansions de Newport (Rhode Island), c’est un peu splendeur et misère du Gilded Age américain (c’est-à-dire de l’âge de la dorure, du tape-à-l’œil) au tournant du 20e siècle.

A cette époque, les nouvelles dynasties fondées par les magnats de l’industrie et de la finance, les Vanderbilt, les Astor et consorts, en avaient fait un de leurs lieux de villégiatures préférés et, pour quelques semaines d’été, y avaient fait construire de somptueuses demeures où ils venaient s’adonner au yachting, au golf, au tennis et surtout à la surenchère mondaine.

Tout ce mode de vie a rapidement disparu au lendemain de la Première guerre mondiale avec l’instauration de l’impôt sur le revenu (pauvres riches), puis la crise de 29, mais il en reste aujourd’hui une collection de mansions en bord de mer qu’on peut visiter successivement sans se lasser, car elles ont des styles très différents et parce que les histoires personnelles et familiales qu’elles renferment sont passionnantes.

the-breakersLes Breakers où, d’après la guide, « des générations de Vanderbilt » ont passé leurs étés (quand on sait que la résidence n’a en fait été utilisée que pendant une petite poignée de décennies au début du siècle, on se dit que les Américains ont décidément une vision différente de la profondeur historique !).

 

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Rosecliff, dont la propriétaire Theresa Oelrichs, archétype de la mondaine extravagante, perdit la raison à mesure que son monde disparaissait autour d’elle dans les années 1920.

 

 

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Marble House, autre demeure des Vanderbilt, où grandit la fameuse Consuelo qui fut mariée contre son gré au duc de Marlborough*.

 

 

Bien sûr, tout cela a un côté nouveau riche évident, certaines décorations chargées n’ont pas bon genre et on peut s’en moquer comme Fitzgerald dans Gatsby, mais on peut aussi trouver assez émouvant cette même attitude de parvenus qui lorgnent (encore) du côté de l’Europe, qui cherchent à imiter sa culture et à l’acheter massivement.

Et puis c’est aussi grâce à la générosité de mécènes de ces mêmes familles que le pays et ses grandes villes doivent d’être dotés de collections d’art et de salles de spectacle exceptionnelles…

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* Minute publicitaire : pour une plongée dans cette époque, lire l’incroyable autobiographie de Consuelo Vanderbilt, The Glitter and the Gold, traduite sous le titre Une Duchesse américaine par mon ami Olivier Lebleu.